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Photo : Sébastien Jarry - Mairie de Roubaix - Tous droits réservés

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Promotion d'un patrimoine :

La Piscine, le nouveau musée d'art et d'industrie de Roubaix fait une pirouette très art-déco pour intégrer la culture dans la société et la mémoire ouvrière dans les arts appliqués.

La visite du nouveau musée de Roubaix plonge le visiteur dans un état d'euphorie. Cette ancienne piscine est restée une piscine, mais aujourd'hui les musées et autres naïades s'y ébattent à l'aise dans les nouveaux aménagements imaginés par l'architecte Jean-Paul Philippon. Elle est la pièce maîtresse de la mise en valeur du centre historique de Roubaix, ville qui a tant souffert des crises économiques. Elle est le bâtiment emblématique d'une identité urbaine retrouvée.

A elle seule l'histoire de « La piscine » est exemplaire. Roubaix est une ville industrielle, qui doit sa puissance à quelques grandes familles d'entrepreneurs industriels, mais aussi à une tradition ouvrière et syndicale toujours active. Ce double aspect de fierté industrielle teintée de paternalisme et de culture populaire tenace donne sa personnalité à la ville et à son nouveau musée.

un musée à ne pas oublier
dans votre visite de Roubaix !

Respectueux de "I'âme du site", Jean-Paul Philippon y déploie avec tact les collections d'art et d'histoire, qui rendent justice à toutes les composantes de l'histoire mouvementée de la Région. Les travaux s'échelonnent de janvier 1998 à la fin de l'automne 2001. Aujourd'hui, le visiteur ne peut que se féliciter du choix du jury et de la clairvoyance du concept "un musée dans le bain".

La salle maîtresse du musée est évidemment celle de la piscine. Elle est au musée de Roubaix ce que la Galerie des glaces est à Versailles, ce que la salle du Grand Conseil est au Palais des Doges. L'eau est toujours là. Fort heureusement. Elle est déversée par la gueule du "lion", (en fait, une figure de Neptune) et elle remplit le bassin olympique de 50 m. Des planchers en gradins nouvellement installés forment un promenoir au bord de l'eau. Le visiteur déambule parmi les statues, aguiché par les sirènes, baigneuses, danseuses et belles méditantes de pierre et de bronze. Des hommes veillent sur elles : bûcheron, semeur ou athlète. Toutes ces oeuvres, de taille humaine, témoignent de l'école française de sculpture du milieu du vingtième siècle, école qui n'a été esclave d'aucun mouvement d'avant-garde, mais qui a sereinement assuré la continuité de la tradition figurative du dix-neuvième siècle. A part le grand Robert Wlérick, (qui fait la gloire du musée de Mont-de-Marsan), il n'y a pas de nom à citer. Cet ensemble de qualité, dont ne s'élève pas d'œuvre vedette, crée la beauté et l'unité de cette piscine-galerie au décor fastueux.

Cette
Galerie de sculptures décoratives est entourée par un grand nombre de petites pièces claires, qui s'emboîtent les unes dans les autres en une trame serrée : anciens vestiaires, salles de bain, cabines de douche. Les collections du musée y sont présentées par variations chronologiques, dans un parti pris thématique quelque peu sec. Évidemment, il n'y a pas d'œuvres majeures, à quelques exceptions près. Dernier venu, le musée de Roubaix n'a pu récolter que les miettes des trésors rassemblés par les barons industriels du Nord, répartis entre Douai, Lille, Tourcoing et Valenciennes. Mais ces miettes sont plaisantes, elles illustrent l'histoire de la Région et les goûts qui dominaient au fil des époques. On passe du sourire à l'émotion, traversant le kitsch néo-académique, I'orientalisme pimenté d'érotisme, le populisme bon enfant des artistes que l'on n'appelait pas encore des "témoins de leur temps". On découvre l'œuvre d'un maître de Roubaix, Jean-Joseph Weerts, (1846-1927), auteur entre autres d'un phénoménal Marat assassiné, grande machine historique et dramatique. Parmi les chefs-d'œuvre présentés, il y a La petite châtelaine de Camille Claudel. Une section d'art plus récent s'illumine des dernières lueurs de l'impressionnisme et des feux des Fauves. J'ai retenu un somptueux Lebasque, La cigarette, un joyeux Van Dongen, Deauville, le bateau du Havre, et quelques témoins majeurs du "retour à l'ordre" : Alfred Courmes, Amédée de La Patellière. Dans le rayon sculpture, Rembrandt Bugatti est l'épicentre d'un élégant ensemble de représentations animales.
La partie industrielle de
La Piscine garde la mémoire de l'art et du savoir-faire des filatures de Roubaix : échantillons de textile, cartons, modèles et maquettes de mode depuis la grande époque des arts-déco jusqu'au design contemporain (Garouste et Bonetti). Elle est complétée par une « tissuthèque » qui s'adresse aux professionnels.
Finissons notre visite sur une note optimiste. Ce musée récolte le succès qu'il mérite auprès des Roubaisiens. Il est accueillant, facile d'accès, d'esprit ouvert. Il s'adresse à tous et à chacun, quelle que soit sa culture de départ ou son niveau d'instruction, comme insiste Bruno Gaudichon, conservateur en chef. Sa présentation n'a rien de savant. Elle fait glisser en douceur de l'évocation des plaisirs aquatiques à ceux des sens, puis à ceux de l'art. Et des animations pour grands et petits sont prévues dans la conception même du musée, fait exceptionnel.

Extrait de l'article d'un journaliste parmi d'autres : Michel Ellenberger (12/2001) dans l'Exporevue, magazine de l'art vivant et de l'actualité

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